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A la demande de Thierry d’Aigremont (Délégué départemental du Rassemblement National de Vaucluse), André-Yves Beck, un de ses plus proches camarades, a écrit quelques lignes pour évoquer Nina. De la part de ses « amis du Front »

 

Ce mercredi, nous avons appris le décès de Nina Degrave. Cette mort, nous ne pouvions pas ne pas savoir depuis quelques semaines qu’elle allait venir, nous étions partagés entre la tristesse que nous inspiraient ses souffrances et l’espérance que Nina avait encore du temps devant elle. J’ai vu Nina pour la dernière fois à la fin du mois de juin. C’était chez elle. Certes, notre amie était amaigrie, très lasse, mais c’était toujours la même Nina, gaie, tournée vers l’avenir et donc la vie, sans la moindre trace d’amertume, d’une grande dignité. Parce qu’à ce moment-là peut-être se sentait-elle un peu mieux ou pour me faire plaisir, je ne sais, elle a évoqué les prochaines Municipales, de ce nous ferions si elle se rétablissait. Avant que je ne parte, elle m’a demandé de récupérer dans son armoire un bracelet FN, de je ne sais plus quelle campagne, qu’elle avait promis à la fille d’un militant mais qu’elle n’avait jamais remis à cause de sa maladie, afin que je le fasse à sa place. Cette pensée, ce geste, ce qu’ils disent de sa délicatesse, c’était Nina. Le souvenir de Nina appartient d’abord à sa famille. Celui que nous pouvons avoir n’est que partiel, il n’en est pas moins vrai et beau. Nina était une vraie militante. Elle faisait les choses sans se préoccuper de ce qu’elle recevait en retour. Elle ne se précipitait pas pour être « devant sur la photo » à côté de Marion ou de Marine comme j’ai vu faire tant de de gens qui n’auront pas accompli 10% de ce qu’a fait Nina. Elle acceptait d’être à la peine sans être guère à l’honneur. Elle accomplissait les multiples ennuyeuses tâches qui pèsent sur un responsable politique sans se plaindre, parce qu’il faut bien que quelqu’un les fasse. Elle était ce qu’on appelait naguère encore un soldat politique avant d’être un gazouillis de réseau social qui croit que parce qu’il a « partagé » une photo, la victoire est proche. Nina appartenait à cette communauté de cadres militants qui, durant quarante ans, a fait le FN, lui a permis de vivre et parfois de survivre. Nina était une femme gaie, franche, amicale, modeste, trop peut-être, qui donnait aux autres son sourire et qui gardait pour elles ses doutes et ses ennuis. C’était aussi une femme fidèle à ses choix, à ses convictions. Elle n’était pas de ces fidélités qui ne varient pas parce qu’elles sont bornées, elle savait s’interroger, mais elle était aussi de la race de ceux qui ne se découragent pas à la moindre élection perdue. Son engagement était un engagement pour notre identité. Dans nos conversations en tête-à-tête, depuis presque deux ans, c’était cela qui revenait d’abord. Lorsque quelqu’un meurt, les banalités d’usage reprennent du service : nous ne t’oublierons pas, tu resteras dans nos coeurs etc. J’en suis, pour ma part, incapable. La banalité n’est pas un mensonge, mais elle est trop peu de chose au regard de cette réalité qu’est la disparition précoce d’un être. Tout ce que je puis dire, est ceci : tu étais une vraie camarade, Nina, et nous avons eu de la chance de t’avoir avec nous. Salut à toi !

André-Yves Beck